7 choses à retenir de l’audition de Mark Zuckerberg

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Mercredi dernier, le fondateur de Facebook s’est présenté devant les élus de la Chambre des représentants. Une audition qui aura duré plus de 5 heures. Si vous n’avez pas eu le temps de suivre l’intégralité on vous présente les 7 éléments clés de cet exercice ardu pour Mark Zuckerberg.

1-     Réponse aux rumeurs : Facebook n’écoute pas vos conversations audios

Quand le sénateur Gary Peters demande à Mark Zuckerberg si oui ou non Facebook utilise l’audio des terminaux mobiles pour enrichir l’information personnelle des utilisateurs, ce dernier dément les rumeurs qui circulent sur le web depuis quelques semaines.

2-     La modération Facebook sera assistée par l’intelligence artificielle

Mark Zuckerberg a réaffirmé le rôle majeur qu’aura l’intelligence artificielle pour la modération des contenus. Une intelligence artificielle qui est pour l’instant surtout utilisée pour le retrait du contenu « terroriste » et qui permet de repérer et de retirer ces contenus sans aucun signalement ni intervention humaine.

Reste à savoir comment cette intelligence artificielle fera cette modération pour des contenus plus sensibles pour lesquels le retrait ne fait pas forcément l’unanimité. Quand Mark Zuckerberg nous parle du retrait des « discours haineux » comment déterminer si quelque chose est un discours de haine ? Un internaute qui fustige un projet de loi du type : « que des imbéciles dans ce gouvernement », est-il considéré comme tenant un discours haineux ?

3-     Un futur Facebook sans publicité ?

Une possibilité qui n’est pas exclue par le patron de Facebook qui génère actuellement 97% de ses revenus grâce à la publicité. Si Mark Zuckerberg est restait très vague sur cette idée il reste ouvert à un « Facebook sans publicité ». On peut alors imaginer un abonnement mensuel à la plateforme qui permettrait à l’abonné un plus grand contrôle de l’utilisation de ses données personnelles par un annonceur.

4-     Des sénateurs bien loins de la génération Facebook

Comme l’ont fait remarquer de nombreux Twittos lors de l’audition, les élus du Sénat ne semblent pas faire partie de la « génération Facebook ». Certains sénateurs ont en effet posé des questions assez simples sur le fonctionnement de la plateforme. On peut déplorer le manque d’un socle de connaissances  sur le sujet pour pouvoir intervenir plus en détails sur les problèmes d’exploitation des données.

 

5-     Facebook en situation de monopole

Mark Zuckerberg a eu beaucoup de difficulté à répondre à la question d’un sénateur pour savoir si oui ou non Facebook était un monopole selon lui. Le patron de Facebook qui connait bien son marché a en effet peu de concurrence et si un concurrent émerge il est souvent aussitôt phagocyté par Facebook. Ce fût le cas pour WhatsApp, Instagram mais aussi TBH et de plus petits. En 2017, 90% des budgets de la publicité mobile est concentrée uniquement sur deux entreprises : Google et Facebook.

Même si les réseaux sociaux ont des effets de réseaux naturels (avec une utilité marginale croissante pour chaque nouveau membre) qui créent ces monopoles, cela pose un problème. La dépendance à ces réseaux est non seulement problématique pour ses utilisateurs mais aussi pour les annonceurs qui n’ont d’autre choix que de respecter les règles dictées par Facebook et Google s’ils veulent atteindre leur audience.

6-     Mark Zuckerberg, roi du « Self-Bashing »

Les internautes l’ont justement fait remarquer, cette pratique très américaine du mea culpa public est devenue très récurrente chez le patron de Facebook. La démocrate Jan Schakowsky en a fait la liste :

– 2006 : “nous avons vraiment fait une erreur”.

– 2007 : “nous avons fait du mauvais travail, je m’excuse”.

– 2010 : “parfois nous allons trop vite”.

– 2011 : “je suis le premier à admettre que nous avons fait pas mal d’erreurs”.

– 2017 : “je vous demande de me pardonner, je vais faire en sorte de m’améliorer”. »

 

La sénatrice termine sa liste en expliquant que « l’autorégulation ne fonctionne pas ».

7-     Mark Zuckerberg ne nous dit pas tout

« Seriez-vous à l’aise à l’idée de partager avec nous le nom de l’hôtel dans lequel vous avez séjourné la nuit dernière ? », a demandé de but en blanc le sénateur démocrate Dick Durbin. Réponse hésitante de la part du patron Facebook.

 

Cette audition aura été instructive, d’abord pour les sénateurs qui dorénavant comprennent mieux le fonctionnement de Facebook et pourront bientôt taguer leurs petits-enfants sur leurs photos de vacances mais aussi pour l’intérêt du public qui s’intéresse de plus en plus à l’utilisation de leurs données personnelles.

 

 

 

 

 

 

 

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Jérémie Mani, président de Netino by Webhelp, Social Media & Digital Content