Mastodon est-il le futur Twitter ?

Depuis Avril, nous avons tous vu passer bon nombre d’articles à propos de ce nouveau réseau social de microblogging libre et décentralisé – que ce soit sur le Blog du Modérateur, Le Monde ou encore Mashable.

Mastodon est aujourd’hui présenté comme une alternative crédible à Twitter. Mais ce petit nouveau a-t-il vraiment les qualités requises pour détrôner le géant ?

Qu’est-ce-que Mastodon ?

La plateforme a été créée en 2016 par Eugen Rochko, un jeune développeur allemand de 24 ans, mais n’a commencé à enregistrer la majorité de ses membres qu’à partir du 15 avril dernier.

Aujourd’hui il compte plus de 551 700 d’inscrits, contre 20 000 il y a encore 2 mois.

Mastodon est considéré à la fois comme un logiciel libre de micro-blogging et comme un réseau social décentralisé. De ce fait, à l’inverse des réseaux sociaux auxquels nous sommes habitués, Mastodon ne dépend pas d’un seul serveur (« instance ») mais, à l’heure actuelle, de 1379 instances à travers le monde gérés par des modérateurs individuels.

Un compte dépendant d’une instance, les comptes sont identifiés de la manière suivante : @utilisateur@instance.

Sur la plateforme, les différents utilisateurs sont appelés des Mastonautes. Les Mastonautes sont amenés à poster des Toots ou des Pouets, l’équivalent des Tweets, et ils peuvent également réagir aux Toots des autres utilisateurs par le biais de « Boosts » (l’équivalent d’un retweet).

Comment fonctionne-t-il ?

La plateforme se présente aujourd’hui sous forme de différents fils, à la manière d’un Hootsuite par exemple.

Ce choix de mise en forme permet d’avoir :

  • Une partie composée de Toots publics rédigés par les personnes de la même instance, donc du même secteur géographique, que vous, dans la colonne « fils public local »
  • De découvrir les messages de mastonautes d’autres instances grâce au « fil public fédéré »

Il est donc possible d’intéragir à la fois avec du contenu de son instance et de celui d’autres instances.

Suite à l’engouement des internautes, certaines marques ou médias ont même commencé à rejoindre le réseau, comme Le Figaro. On y retrouve également quelques célébrités, telles que Thomas Pesquet.

Néanmoins, ces comptes n’ont pour le moment pas vraiment vocation à créer le dialogue avec les internautes puisqu’ils sont bien souvent gérés via des chatbots. Ils servent donc principalement à relayer des informations ou articles publiés au préalable sur Twitter.

Pourquoi pourrait-il détrôner Twitter ?

Au-delà des différences principales liées au design du réseau, les Toots de Mastodon comportent 500 caractères, ce qui permet aux utilisateurs d’être plus explicite qu’avec les 140 d’un Tweet.

Les réseaux se distinguent encore un peu plus grâce à leur politique de modération.

En effet, depuis le début du réseau au petit oiseau bleu, un problème important se pose : faut-il modérer les contenus postés, notamment les insultes ? Là où Twitter, qui se positionne comme un média, se montre réticent, le réseau au pachyderme permet quant à lui de masquer un contenu, une image ou un texte, et de ne l’afficher seulement après avoir cliqué sur un bouton en respectant des paramètres liés à l’âge par exemple.

Cette forme de modération offre donc la possibilité d’avoir un contrôle sur ce qui se passe dans les différentes instances, loin des polémiques créées par les haters sur Twitter.

Dernier point différenciant : Mastodon se voulant être un réseau libre, aucune publicité n’est postée sur le réseau, ce qui incite beaucoup d’internautes lassés par la politique de Twitter à rejoindre le réseau.

Ce réseau à la fois libre et modéré pourrait donc représenter une solution par rapport aux problèmes actuels auxquels Twitter doit faire face.

Cependant, une modération juste ne peut se faire qu’en établissant une charte de modération détaillée des propos et contenus acceptables ou non. La rédaction d’une charte est une phase préliminaire importante.

Au-delà des démarches déjà mises en place en vue de cacher certains contenus, Mastodon devra donc mettre en place une charte de modération plus aboutie afin que toutes ses instances soient régies par les mêmes règles et qu’il ait une politique de publication claire et différente de celle de Twitter.

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