Zone 51 : Twitter VS. US Air Force

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Le 27 Juin, Matty Roberts a mis en ligne un événement Facebook qui ressemble à une simple blague avec un titre que vous avez sûrement déjà vu passer : « Storm Area 51, They Can’t Stop All of Us ». Aujourd’hui, près de 2 millions de personnes se disent prêtes à y participer et 1.5 million s’y sont intéressées. Essayons de comprendre pour quelles raisons cet évènement est devenu tellement viral que son créateur craint maintenant la visite du FBI.

La zone 51 est une base militaire qui a seulement été reconnue en 2013 par le gouvernement américain. Ajouté à des rumeurs et témoignages d’habitants des alentours sur l’apparition de nombreux OVNI, les américains et le monde entier ont vu naître une grande quantité de fantasmes et de théories du complot sur le contenu de la base et les motivations d’installer une base militaire d’une telle envergure. Mais certains internautes, sérieusement ou non, se sentent prêts à enfin lever le voile sur les secrets que renferme la base aérienne.

Pour notre enquête, nous avons ciblé l’Anglais et le Français. Sans surprise, les Américains sont les plus pressés de découvrir ce qui se cache dans leur base avec 85% des personnes qui ont abordé le sujet. Cependant, on retrouve la France devant le Royaume-Uni et le Canada, prouvant donc que l’engouement du sujet traverse la barrière linguistique.

Que l’échelle de ce graphique ne vous trompe pas, dû au pic vertigineux des 2 458 000 mentions le 13 juillet, essentiellement caractérisé par une forte augmentation des « memes », la moyenne de 19 561 mentions semble insignifiante. Bien qu’au bout de seulement trois jours en ligne sur Facebook l’évènement réunissait déjà près 250 000 participants, il lui a fallu un peu plus de 10 jours pour passer le cap des 50 000 mentions journalières sur Twitter. Il est aussi intéressant de remarquer cette chute de mentions depuis une dizaine de jours.

Comme pour beaucoup de buzzs internationaux, certaines célébrités y ont réagi comme Miley Cyrus, Selena Gomez ou encore Bilal Hassani.

L’impressionnant nombre de participants a même provoqué une réaction officielle de la porte-parole de l’Air Force américaine qui affirme que les Etats-Unis seront toujours prêts à protéger leurs actifs. Aussi, Laura McAndrews mentionne le fait qu’il est dangereux de s’infiltrer là où l’armée américaine s’entraine, sans évoquer la façon dont les forces armées répliqueront. Cette conséquence témoigne de la viralité de l’évènement et a provoqué les moqueries de certains internautes constatant le pouvoir qu’internet a pris.

En ce qui concerne les sujets les plus abordés autour de ce thème, les internautes espèrent principalement y découvrir des aliens. Ils expriment tout de même une peur de se faire tirer dessus (« bullets », 10k mentions), mais grâce au nombre qui sera présent (« million », 11k mentions), ils espèrent que les militaires (« military, 15k) n’arriveront pas à « Stop Us All ». La présence assez forte du mot « meme » témoigne de l’important détournement de cette thématique par le web social.

https://twitter.com/dhr18_/status/1150187146113777664

Certaines personnes se plaignent aussi de l’engouement général pour ce qui n’était à la base qu’une farce mais qui est donc un sujet bien moins important que l’écologie. Malgré cela, de nombreuses personnes (19% des mentions) ont un sentiment positif sur ce futur évènement contre seulement 3% négatifs. Le reste des mentions reste neutre avec des réactions aux memes ou des commentaires plus généraux.

Le phénomène global a fait réagir une proportion presque égale d’hommes et de femmes sur internet, mais le fait qu’une certaine marque s’en soit emparée a fait grimper la participation des hommes à 73% des 11 000 réactions qu’elle a engendrées. C’est en effet une marque de bière, Bud Light, qui a décidé de se joindre à la frénésie de ce raid en créant une canette alien, surnommée « space beer » et promet d’offrir 5 bières gratuites à quelconque alien qui réussirait à s’évader de la zone 51. Ils ont d’ailleurs changé la photo de leur compte Twitter officiel avec une tête de petit bonhomme vert.

Bud Light a d’ailleurs démenti vouloir sponsoriser le raid, au grand dam de plusieurs internautes. La promotion a été saluée par une multitude de journaux en ligne.

Afin de mener à bien cet assaut, les organisateurs ont publié un plan d’attaque de la zone avec trois catégories de soldats différents : les Kyles, désignant des individus ayant l’esprit plutôt étroit sur internet, les Naruto runners qui courraient plus vite que les balles (« bullets »), accompagnés des jeteurs de pierre (rock throwers). Cette stratégie très recherchée a été évidemment massivement partagée et parodiée par un grand nombre d’utilisateurs Twitter.

L’évènement « Storm Area 51, They Can’t Stop All of Us » est très certainement un de ceux qui a suscité le plus d’intérêt sur les réseaux sociaux, au point que  les célébrités et les autorités y ont répondu. Nous sommes donc en droit de nous demander si nous assistons seulement à un phénomène passager ou si des intéressés se rendront sur les lieux le Jour-J. En tous cas, tous les hôtels aux alentours sont déjà entièrement réservés.

Analyse Brandwatch (précisions) : cette analyse repose sur la création d’une requête calibrée sur le raid de la Zone 51 (sous la forme exemple (« area 51 » OR « zone 51 » AND «storm» OR « raid »), Les mentions récoltées sont extraites d’une majorité de médias publics (forums, Twitter et sites de presse en ligne) sur la période d’analyse indiquée. Ces mentions excluent les retweets et les messages d’erreurs (de Reddit notamment).

Ces résultats ne sont donc pas fiables à 100% dans la mesure où ils ne prennent pas en compte TOUS les médias publics sur une période de temps plus large.

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Jérémie Mani, président de Netino by Webhelp, Social Media & Digital Content