Zepeto, le nouvel eldorado de la mode virtuelle ?

En novembre 2021, Soft Bank investissait près de 150 millions de dollars dans le métaverse de la plateforme Zepeto développé par l’entreprise sud-coréenne Naver. Vous n’en n’avez très certainement jamais entendu parler, cependant Zepeto compte à ce jour déjà plusieurs millions d’utilisateurs actifs quotidiens. La plateforme a été lancée en 2018 et depuis, elle enregistre plus de 200 millions d’utilisateurs. Sa particularité : il s’agit du nouvel eldorado de la mode virtuelle.

Elle séduit particulièrement en Asie, où l’application est massivement téléchargée notamment en Corée du Sud mais également en Chine, au Japon et en Indonésie. Le principe est simple : les utilisateurs sont matérialisés par des avatars dans un univers entièrement virtuel où le but est d’interagir avec d’autres joueurs/utilisateurs. La fonctionnalité première très prisée par les joueurs est la personnalisation de son apparence grâce aux achats de vêtements et accessoires numériques sur la plateforme, permettant ainsi un rendu encore plus fidèle que la réalité.  

Mais alors pourquoi les secteurs de la mode, du luxe et de l’art investissent la plateforme Zepeto ?  

Zepeto, le métaverse de la mode virtuelle 

La guerre pour conquérir le métaverse n’a pas attendu les annonces de Méta pour débuter. Depuis son apparition, les projets de développement autour du concept d’univers virtuel ne cessent de se démultiplier.  

Ces nouvelles formes d’interactions entre utilisateurs, matérialisées par des avatars, laissent apparaitre certaines opportunités pour les marques. Certaines ont alors ainsi cette occasion et ont déjà franchis le pas. « Un autre moi dans un autre univers » : telle est la définition de Zepeto selon ses propres mots.  

Pour se lancer sur la plateforme, rien de plus simple : Il suffit de télécharger une application qui offre la possibilité aux utilisateurs et utilisatrices d’“explorer un monde virtuel”. Cette exploration est possible grâce à leurs avatars qui ont la faculté de pouvoir être et personnalisables donnant alors à l’utilisateur une expérience plus personnelle. La découverte se prolonge avec la possibilité d’échanger des articles entre joueurs, dialoguer, acheter des vêtements ou encore découvrir des mondes ou évènements numériques imaginés par des marques ou entreprises…  L’objectif est de pouvoir matérialisé au plus proche ce que l’on connait dans la réalité afin de renforcer l’immersion. 

Point important : 70% des utilisateurs de la plateforme sont des femmes, ayant majoritairement entre 13 et 25 ans. Ce métaverse, principalement dominé par la gent féminine, leur offre un espace de bienséance dans lequel les règles des réseaux sociaux ne semblent pas s’appliquées. Les joueurs sont responsables de leurs apparences et n’ont aucune obligation de dévoiler leurs visages ou leurs identités. On peut voir que c’est ici que réside le succès de la plateforme ; la mode virtuelle.  

Afin de rendre son double numérique unique et authentique, une véritable économie de la mode numérique s’est créée sur la plateforme, les marques, entreprises et créateurs indépendants ont lancés des collaborations afin de pouvoir vendre leurs créations. De très célèbres maisons du luxe comme Dior, Christian Louboutin, Gucci sont présentes sur la plateforme en proposant chacune de nombreux évènements virtuels pour promouvoir les produits numériques. De nombreuses personnalités sont également très influentes sur la plateforme à l’image de Selena Gomez ou encore le célèbre groupe de K-pop BTS, ils peuvent croiser leurs fans, dialoguer avec les autres utilisateurs et se montrer avec des apparences exclusives. 

Un modèle économique performant  

Le plus gros point fort de la plateforme est certainement le modèle économique qu’elle a su créer. En effet, les ventes de produits numériques de hautes coutures prolifèrent sur Internet. Actuellement, ce sont plus d’1,5 milliards d’articles de mode qui ont été vendus sur la plateforme. Une véritable économie où l’offre et la demande ne faiblissent pas et où les possibilités d’évolution et de changements sont multiples. 

Les achats de vêtements pour habiller, modifier ou personnaliser son avatar représente une part très importante des achats réalisés dans le métaverse. Certaines utilisatrices sont devenues de vraies influenceuses en ayant créées leurs propres boutiques, elles vendent leurs articles et peuvent générer des revenus. Selon le Wall Street Journal, un jeune coréen de 28 ans parviendrait à générer plus de 8000 dollars par mois uniquement grâce à ses ventes de produits numériques sur Zepeto.  

« Nous sommes probablement le plus grand marché de mode virtuelle au monde », a déclaré Rudy Lee, directeur de la stratégie chez Naver, auprès du Wall Street Journal.  

« Nous pensons que le métavers a le potentiel d’être la prochaine évolution d’Internet », a déclaré Greg Moon, associé directeur chez SoftBank Investment Advisers, rapporte le média américain. De plus en plus d’entreprises se lancent dans la course au métaverse et la concurrence va se faire de plus en plus rude avec le temps. Méta a annoncé son changement de nom pour le groupe lors de la Facebook Connect 2021 et l’a justifié par ce changement de vision stratégique : le métaverse.  

Les marques et entreprises l’ont bien compris, investir dans ces nouvelles plateformes majoritairement utilisées par les plus jeunes générations leurs permettent de rajeunir leur image auprès de cette audience, augmenter leurs parts de marchés et améliorer leurs visibilités. Cependant, les métaverses n’en sont qu’à leurs débuts, le secteur en pleine explosion mais très peu d’ancienneté, pour le moment, à voir quelle entreprise saura prédominer ce secteur à l’avenir.

Quelques problèmes se dessinent et de nouveaux enjeux se créent avec le métaverse et notamment la question de la modération dans le métaverse

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