Confinstagram – Vis ma Vie de confiné(e) ! (3/3)

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Le confinement chez soi donne lieu à de nombreux récits de vie sur Instagram. Chaque jour, plusieurs dizaines de milliers de posts à l’initiative de françaises et de français sont publiés sur le sujet du confinement. Bien qu’il soit impossible de tous les restituer ici tant ces récits sont divers et variés, voici un éventail des comportements, pratiques et perceptions émergentes qui nous renseignent sur la manière dont les utilisateurs de ce réseau dévoilent leur vie de confiné(e)s et réagissent à ce nouveau mode de vie, sans pour autant tomber dans l’idéalisation de leur expérience.

Vivre le confinement, plus facile à dire qu’à faire

La folie qui nous guette

Sans être alarmistes sur le sujet, de nombreux internautes font allusion à la folie, celle qui est déjà palpable et celle qui les attend (« Je devient fou » ; « Est ce que je deviens folle déjà ?! » ; « on va devenir fou enfermé »).

D’autres font référence à des comportements qu’ils décrivent comme des « pétages de cable » (« me suis rasé le crâne pour voir, Lol » ; « « Les pâtes alphabet c’est la vie pendant le confinement » ;  « Le confinement fait faire des dingueries » ; « ne cherchez pas à comprendre le confinement commence à avoir raison de ma santé mentale … »).

Certains s’inquiètent du fait que cet état soit déjà manifeste alors que nous sommes à quelques jours seulement du début du confinement (« je n’en peux plus, je tourne en rond. » ; « « je deviens déjà dingue… » ).

Pour tenir, pour faire face, on mobilise alors ses souvenirs, on se projette dans un ailleurs. On poste des photos du temps d’avant, lorsque le confinement n’était ni envisageable, ni envisagé (« Ça, c’était la semaine dernière… On était loin de ce douté ce qui nous attendais » ; « Balade en scooter aux saintes Ou la nostalgie du temps où on pouvait encore sortir sans autorisation »).

Vivre sa solitude : subir, lâcher prise ou devenir hyperactif ?

Pour celles et ceux qui vivent seuls le confinement, le quotidien n’est donc pas facile. Le temps s’égrène lentement, trop lentement (« Je suis confiné seul c est super long » ; « Ça va être tellement long…. »). Alors qu’on est à seulement quelques jours du début du confinement, on témoigne déjà de son ras-le-bol et de ses difficultés (« J3 et c’est déjà tellement dur…. » ; ). L’acceptation de ce nouveau mode de vie subi et contraint est difficile (« J’en ai déjà marre j’ai envie que ça redevienne comme avant »).

Certains préfèrent recourir au lâcher prise. On s’autorise de vivre sans rythme (« C’est tellement agréable de ne plus regarder l’heure qu’il est je trouve » ; « Ici on n’a plus d’horaires 😅 p’tit dej à 11h dej’ du midi à 15h… » ; « Ici on vit à notre rythme. On a lâché la pression du rythme quotidien. »), de traîner toute la journée en pyjama (« franchement j’ai du mal à me défaire de mon pyj’ ».) ou sans objectifs ni activités (« Je ne fous rien et j’aime ça »).

D’autres au contraire organisent leur quotidien avec une succession quasi frénétique d’activités comme pour ne laisser aucune prise au moindre désœuvrement («Entre  les cours de yoga on line, la méditation, les livres, la bouteille de vin, la cuisinière, le balcon, le café, les docu sur Netflix, l’opéra, les dj set, la danse, la cuisine, le repas, les photos, l’ordi, le gsm, l’appareil photo, le set pour la photo, finalement, je m’en sors pas trop mal. »)

On voit même émerger des routines spéciales confinement (« j’ai déjà ma petite routine qui s’est installée. Entre les cours, le sport, les formations, les évaluations #bienetre à distance et #netflix je n’ai pas le temps de m’ennuyer » ; « je me suis concocté 1 beau planning pour pas m ennuier »).  L’objectif est surtout de tenir contre l’ennui, contre le désœuvrement (« On tient! On tient! »).

Les relations amoureuses sont aussi impactées. Si beaucoup clament que le confinement est l’occasion de se manifester encore plus d’amour (« avec mon mari on se sert les coudes ! J’ai un mari parfait qui est un papa exemplaire! Je suis love love ! »), d’autres témoignent de leur difficulté dans la vie à deux 24h sur 24h (« Qui va tuer l’autre en premier pendant ce confinement ? »).

D’ailleurs certains ne sont pas vraiment chez eux mais chez leur petit(e) ami(e), le confinement ayant provoqué une vie à deux. Difficile donc de s’occuper quand il manque une grande partie de ses affaires personnelles (« Ce matin c’était atelier coiffure sur mon copain 😂 il faut que jinvente de nouvelles choses car je ne suis pas vraiment « chez moi » et je n’ai ni livre ni télé ni vernis… Ahah »). 

Ne rien changer : Maintenir coûte que coûte sa routine

Confinement ou pas, rien ne doit pour certains impacter son style de vie.  C’est particulièrement palpable au sein de la communauté du Fitness, très active sur Instagram : il faut continuer à se motiver et maintenir une pratique sportive quasi-quotidienne, en l’adaptant à une pratique à domicile, et non plus à l’extérieur et en salle. 

On fixe son vélo dans des cales, on déroule tapis et dispose tout son matériel de fitness. On prend aussi ses précautions lorsqu’on pratique en bas de son immeuble («faire du sport sur ses escaliers et son parking juste histoire de prendre l’air et de ne mettre personne en danger »).

Pour celles et ceux qui télétravaillent, il s’agit de continuer à s’habiller pour faire comme si (« j essaye de m’habiller pour bosser histoire que ça me donne l’illusion d’une journée de travail classique »). Et pour d’autres encore, d’avoir une routine très conforme à celle d’avant, comme pour préserver son équilibre psychique (« sport , Menage , cuisine tous les jours et habillage « correct » et maquillage tous les deux jours. Je pense que cette routine permettra un retour à la réalité moins brutal »).

Les gamers sont finalement les plus philosophes. Le confinement est une situation très propice à la pratique de leur loisir, au maintien de leur routine (« « On est pas bien nous ? » ; « Ce #confinement me permettra de finir enfin the #witcher 3….. »)

L’after lockdown, entre retour à sa vie d’avant et l’espoir d’une vie transformée

En parallèle de son témoignage du présent, certains instagrammers font part de ce qu’ils attendent, une fois que le confinement sera terminé. Il s’agit avant tout se retrouver ses proches, d’être à nouveau ensemble  (« on se fera un bon resto après ça! » ; « tous ensemble! »)

Pour d’autres, cette crise doit amener le monde à changer. On espère que la préoccupation environnementale deviendra centrale J’espère que cette crise déclenchera une prise de conscience écologique » ; « La planète prend le temps de souffler, de respirer !!! »), que l’être humain  se comportera autrement (« Esperons que les gens changeront un peu de mentalité et arrêterons de tirer la tronche quand on aura l’occasion de profiter à nouveau de tout ça ». D’autres prédisent des temps à venir très difficiles (« il y aura un après corona…et c’est là que la partie la plus dure va commencer. »).

Enfin, c’est intéressant de le souligner, quelques-uns parlent de comment léguer cette expérience à leur descendance. Comme par exemple au travers d’une anecdote qu’on glissera à son enfant lors de son anniversaire (« j’ai déjà imaginé le discours que je tiendrai à mes enfants : « Bon Timothé tu arrêtes ! Moi j’ai fêté mon anniversaire confinée. Oui Monsieur ! Pas de contact avec l’extérieur, rien. A peine une orange en cadeau. J’ai connu la guerre Timothé. La G U E R R E. Avec des pâtes et du riz TOUS LES JOURS, ») ou bien au travers d’une chronique écrite qu’on laissera à ses petits-enfants (« ce journal sera une énième chronique sur cette horreur planétaire ! Pour mes arrières petits-enfants ! »)

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