Du Bureau au Télétravail, une épreuve réussie

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Pendant cinquante-cinq jours le télétravail est devenu l’unique recours des entreprises face au confinement. Cette mesure a longtemps été stigmatisée, l’imaginaire collectif ayant corrélé l’absence sur le lieu de travail à une absence de travail. Depuis cinq ans, la pratique se développe à la demande des salariés mais reste minoritaire, puisqu’elle a été adoptée par moins d’un français sur cinq en 2019.

En raison de la situation sanitaire et des injonctions du gouvernement de nombreuses entreprises ont décidé de garder leurs locaux fermés pour une durée indéterminée, notamment en Ile de France. Cette réorganisation pousse à la réflexion et permet d’imaginer un probable changement de paradigme.

Deux mois de mise à l’épreuve

Chez Netino by Webhelp, le télétravail fait partie intégrante de notre ADN. Nos équipes opérationnelles officient majoritairement depuis leur domicile et les cadres y ont droit depuis la création de l’entreprise. Ce fonctionnement est souvent remis en question par nos clients et a toujours suscité une grande surprise chez nos collaborateurs comme l’évoque Davy Chambon, responsable opérationnel :

 « Il y a quelques années j’ai demandé à un stagiaire d’organiser une réunion avec plusieurs opérateurs, afin de les former sur une consigne client. Quelques minutes après avoir pris des notes il revient me voir et me demande : « Je leur donne quelle adresse pour la réunion ? ».                                   Pensant qu’il me parle de salon virtuel Skype, je lui réponds tout naturellement : « Nos collaborateurs tunisiens ! ». Surpris, il a marqué un temps avant de me dire : « Ça va faire cher de payer l’aller-retour Paris-Tunis à 5 personnes pour une réunion d’une heure ! ».

Cet exemple, probablement impensable après ces deux mois partagés entre mails et visioconférence, démontre à quel point le télétravail était encore loin d’entrer dans le droit commun. Depuis, les grèves de fin d’année nous l’ont fait percevoir comme une alternative envisageable et la pandémie l’a pendant un moment placé au rang de nécessité absolue.

Ces deux mois ont permis de prouver que même à domicile l’engagement des cinq millions de salariés concernés tenait bon.  Le temps économisé par une absence de trajets quotidiens, d’en moyenne 1h10 pour les franciliens, a de plus permis de gagner du temps tout en s’investissant mieux dans son travail.

93% des managers y voient ainsi un meilleur rythme de vie pour leurs employés et ces derniers reconnaissent à 86% une diminution de la fatigue. Le télétravail a également apporté une plus grande autonomie et flexibilité dans les horaires. La concentration en est ainsi favorisée et le stress que peut représenter le bureau réduit.

Evidemment ce changement demande une adaptation. Pour certains qui n’y étaient pas habitués des questions logistiques ou matérielles ont demandé de déployer des trésors d’imagination et certaines scènes qui n’auraient jamais eu lieu ont pu naître dans ce contexte :

« Un collaborateur, avec qui je n’avais pas de rendez-vous prévu m’a récemment appelé sur Skype. Un peu surpris de voir son nom s’afficher, j’ai vite répondu. A l’écran, s’affiche l’image d’une adorable petite fille de 3 ans environ, qui me salue avant de se mettre à danser et chanter, debout sur la table. Puis je vois accourir son papa, rouge de honte, qui avait oublié de se déconnecter après sa journée de travail et d’éteindre son ordinateur (que l’enfant savait déjà manifestement utiliser à la perfection…). » raconte ainsi Davy Chambon.

Une nouvelle envie de travailler

Selon une enquête de CSA pour Malakoff Humanis, plus de 70% des français souhaite continuer le télétravail après le confinement (32% de manière régulière et 41% de manière ponctuelle). Toutefois, certains qui se montraient quelque peu réfractaires avant la crise, comme Méganne Oeur Digital et Social Media consultante chez Netino by Webhelp, se sont plu dans cette nouvelle manière de travailler :

« Avant d’y être contrainte, je n’appréciais pas tellement télétravailler. J’aime beaucoup me rendre au bureau à Opéra, voir mes collègues et manger dans mes restaurants de sushis préférés ! Aujourd’hui je préfère le télétravail, ça me permet d’éviter les transports tout en gagnant en liberté : je ne suis plus obligée de vivre à Paris ! »

Ce test à grande échelle a également permis de démontrer que de nombreux emplois, trop vite jugés incompatibles, pouvaient tout à fait s’exercer à distance. Resté longtemps l’apanage des développeurs web, consultants et autres pigistes, le télétravail s’étend aujourd’hui à d’autres corps de métiers.

A titre d’exemple, les calls centers ont toujours eu besoin de locaux pour fonctionner. Les discussions autour d’une instauration du télétravail étaient limitées par une apparente complexité technique et un manque de supervision.

Or les résultats sont probants. Une bonne connexion internet et un ordinateur suffisent à la pratique de ces métiers. Non seulement l’on remarque que l’adaptation s’est faite sans grandes difficultés mais les employés se sont même montrés plus efficaces !

Bien des aspects du quotidien ont été impactés positivement par ce recours forcé au télétravail. Désengorger les routes a permis à nos villes de respirer un peu, tout en faisant taire le tumultueux vacarme de la circulation auquel tout urbain s’était habitué. La pollution, sous toutes ses formes, s’est raréfiée pour une courte période tandis que nous nous montrions depuis chez nous plus productifs que jamais grâce à un nouvel équilibre.

Par ailleurs, un des aspects majeur amené par ce nouveau mode de fonctionnement réside dans une bénéfique halte à la surconsommation. Plus besoin de déjeuner dehors chaque midi, de faire le plein chaque semaine ou de renouveler sa garde-robe tous les mois. Olivier Duha,  co-fondateur de Webhelp le souligne très justement dans sa tribune. Le télétravail a pour effet d’« augmenter son budget disponible » et les économies réalisées en restant à son domicile la moitié de la semaine dépassent les 130 euros par mois.

Les limites de cette pratique existent tout de même…. Nous les retrouvons dans le rapport à l’autre. Davy, Méganne et de nombreux autres employés, tous secteurs confondus témoignent d’un manque de rapports humains, parfois difficile à vivre : « En plus des collègues avec qui je passe plusieurs heures par jour, pour certains depuis des années, ne plus pouvoir échanger en face à face avec nos contacts clients m’a beaucoup manqué. »

C’est alors le rôle du bureau, en tant que vecteur de lien social, qui a été souligné par ces deux mois d’isolement. Pour pallier ce manque d’interaction, la solution relève certainement du flex-office. Malgré l’augmentation évidente du nombre de télétravailleurs, les bureaux ne perdront pas leur raison d’être. Réaménagés en profondeur, ils pourront devenir des points de ralliement occasionnels et modulables entre les équipes, les collaborateurs et les clients.

L’avenir du travail en entreprise repose sur l’équilibre entre deux lieux : le domicile et les locaux. Alterner les jours, selon les obligations et désirs de l’employé est une avancée pour tous. Pour les entreprises qui n’auront plus à remplir leur bureau sous le joug de la contrainte mais aussi pour le salarié qui y gagne en liberté.

La liberté de s’installer où il le veut en se rapprochant des espaces verts qui ont tant manqué pendant ces deux mois. La liberté de s’affranchir de certaines contraintes et par conséquent de mieux disposer de son temps, et enfin la liberté de se rapprocher de ses proches pour trouver un réel équilibre de vie. 

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